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 QUESTIONS D'ÉTHIQUES

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AuteurMessage
Guy
Grand Inquisiteur


Nombre de messages: 130
Localisation: Sherbrooke
Date d'inscription: 20/06/2005

MessageSujet: QUESTIONS D'ÉTHIQUES   Jeu 28 Juil à 21:26

Faut-il mieux soutenir les handicapés ou pardonner leur meurtre ?

L’affaire Latimer a fait couler beaucoup d’encre. Certains y ont vu l’archétype du meurtre par compassion, méritant une peine moins lourde que tout autre type de meurtre. Plusieurs associations de personnes handicapées se sont évidemment insurgées contre une telle position, et on peut bien les comprendre. Car si l’on punissait moins sévèrement le meurtre d’un handicapé, quel message cela représenterait-il pour toutes les autres personnes victimes d’incapacités comparables ? La vie d’un handicapé mérite-t-elle moins de protection légale que celle d’une personne bien portante ? Les handicapés n’ont-ils pas déjà assez de problèmes pour ne pas avoir à subir ce mépris de leur droit de jouir de ce qu’il leur reste de vie ?

En fait, au lieu de suggérer d’excuser le genre de geste désespéré posé par Robert Latimer, la société civile canadienne devrait plutôt se demander si elle offre assez de soutient aux familles qui doivent prendre soin d’une personne lourdement déficiente. Si un support suffisant avait été offert à la famille Latimer, autant au niveau matériel que psychologique, la petite Tracy serait peut-être encore en vie. Bien sûr de telles mesures coûteraient cher. Mais ne serait-il pas immoral de choisir d’excuser ceux qui tuent les handicapés plutôt que de faire collectivement l’effort financier nécessaire pour aider ces personnes à mieux vivre ?

L’affaire Latimer doit amener des remises en question profondes de la responsabilité collective que nous avons face aux moins chanceux parmi nous. Elle doit nous amener à prendre conscience que nous devons mieux les soutenir, et non les éliminer comme on le fait des animaux qui souffrent. Car si tuer un chien qui agonise peut être vu comme un geste de compassion, il n’y a rien de compatissant à faire savoir aux handicapés qu’on pourrait les tuer sans encourir les peines ordinairement réservées aux meurtriers.

François Privé

Professeur de philosophie
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