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 NIHILISME

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Guy
Grand Inquisiteur


Nombre de messages: 130
Localisation: Sherbrooke
Date d'inscription: 20/06/2005

MessageSujet: NIHILISME   Jeu 23 Juin à 2:21

Nihilisme: présentation

Le Nihilisme est une notion qui a fortement évolué au cours de son Histoire. D'abord simple critique sociale née en Russie au XIXe siècle, elle évolua vers une doctrine politique n'admettant aucune contrainte de la société sur l'individu et prônant le terrorisme. Bien qu'éphémère, ce mouvement politique aura soulevé des questions auxquelles s'intéresseront les penseurs de tout horizon. De ces interrogations naîtront une doctrine philosophique en relation avec l'absurde sociologique, la négation des valeurs morales et plus généralement, la négation de l'existence d'une réalité substantielle.

HISTORIQUE

Le terme nihilisme (du latin nihil signifiant rien) fut popularisé par l'écrivain russe Ivan Tourgueniev dans sa nouvelle Pères et fils (1861) pour décrire, au travers de son héros Bazarov, les vues de l'intelligentsia radicale russe émergente.

Celle-ci était surtout composée des étudiants des classes supérieures qui étaient de plus en plus désillusionnés par le changement lent des réformes politico-sociales. Le critique Nicolaï Dobrolioubov, le théoricien Dimitri Pissarev, l'économiste Nikolaï Tchernychevsky, les scientifiques Lavrov et Kropotkine prônent des actions directe et violente pour renverser le régime afin de reconstruire, de façon scientifique, un monde qui assurera le bonheur des masses.

Les nihilistes réussirent à assassiner le tsar Alexandre II qui voulait rendre son régime moins autocratique ce qui fit passer le pouvoir à son fils qui avait des idées moins libérales. Le raidissement dans une société qui s'industrialisait rapidement aboutit pendant la Première Guerre mondiale à l'instauration du communisme ou centralisme bureaucratique et la lutte des classes en système. La répression qui suivi l'assassinat du tsar fut fatale au mouvement nihiliste, mais pas à ses idées.

Un tel nihilisme est nommé le « nihilisme destructeur » pour le différencier du nihilisme philosophique, nommé lui le « nihilisme passif ».

Des écrivains comme Dostoïevski et Emile Zola dans Germinal montrent et éventuellement dénoncent le danger d'un tel extrémisme.

NIHILISME PHILOSOPHIQUE

Friedrich Nietzsche décrit l'accélération de l'Histoire avec les déséquilibres qui s'accentuent compensés par la tyrannie anonyme des institutions génératrice de stress. Pour ce dernier, la notion de nihilisme révèle un paradoxe intéressant. Il décrit deux formes de nihilisme :

un nihilisme des faibles : « Un nihiliste est un homme qui juge que le monde tel qu'il est ne devrait pas exister, et que le monde tel qu'il devrait être n'existe pas. Donc vivre (agir, souffrir, vouloir, sentir) n'a pas de sens : ce qu'il y a de pathétique dans le nihilisme, c'est de savoir que tout est vain », - et ce pathétique est encore une inconséquence chez le nihiliste" (Nietzsche)

un nihilisme des forts, lorsque les croyances s'effondrent du fait qu'elles sont dépassées.

Enfin, il existe, selon Nietzsche, un état normal du nihilisme, qui est la négation de l'être, et qui est une manière divine de penser, en ce sens qu'elle est un rejet définitif de tout idéalisme (du nihilisme au sens faible) et de ses conséquences (la morale entre autres).

Franz Kafka, Albert Camus par exemple dans le mythe de Sysiphe (1942) au théâtre, Eugène Ionesco dans La cantatrice chauve (1950) illustrent cette aliénation de l'individu occidental et son vide existentiel corseté. Ces contraintes permettent chez des artistes comme les surréalistes un dépassement symbolique.

Texte référence: Wikipedia

Amitiés

Guy
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Guy
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MessageSujet: Re: NIHILISME   Mer 20 Juil à 23:07

Nihilisme suite:

Dérivé du latin nihil, qui signifie -rien-, le nihilisme est une doctrine considérant qu’il n’est rien de ce qui existe qui puisse être dit absolu. Pour Nietzsche, ce terme désigne la nécessité de nier et de destituer les valeurs reconnues.

Le sophiste Gorgias fut l’un des premiers philosophes à avoir développé des thèses nihilistes. Celles-ci pouvaient se résumer en trois points dont certains seront repris par les sceptiques :

1) Rien n’existe ;

2) Si quelque chose existe, ce quelque chose ne saurait être appréhendé et encore moins connu par l’homme ;

3) Même s’il l’était, son appréhension ne serait pas communicable à Autrui.

Le caractère progressif voire contradictoire des concessions accordées d’une proposition à l’autre témoigne de la nature rhétorique d’une telle argumentation. C’est en abordant la question des valeurs et plus encore celle de leur destitution que se révèle le sens le plus profond du nihilisme, celui que Nietzsche lui a donné.

Dans un texte célèbre, il annonce “la mort de Dieu”, mort dont nous serions nous-mêmes les exécuteurs :

“C’est nous, nous tous, qui sommes ses assassins ! Mais comment avons-nous fait cela ? La grandeur de cet acte est trop grande pour nous. Ne faut-il pas devenir Dieux nous-mêmes pour simplement avoir l’air digne d’elle ?”

Dieu a cessé d’incarner l’horizon de nos actions, de nos réflexions et avec lui, ce sont toutes nos valeurs traditionnelles qui ont sombré. Pour Nietzsche le nihilisme n'est pas la récusation de Dieu et de toute loi, mais une forme de haine à l'égard de la vie, se masquant à travers la fuite dans la religion ou l'idéalisme philosophique. Le nihilisme subi un retournement de sens puisque celui qui est nihiliste n'est pas celui qui est sans foi ni loi, mais au contraire celui qui est ancré dans les valeurs de la foi et de la morale. Nietzsche a annoncé que le nihilisme serait la grande maladie des sociétés modernes: la modernité ayant tendance à refuser la vie en s'écriant "A quoi bon!"

Nietzsche s’engage avec résolution et délectation dans la brèche désignée par Dostoïevski : “Si Dieu n’existe pas, tout est permis”. Mais il importe, à partir de la destruction de ces anciennes valeurs, d’en créer de nouvelles : celles de la volonté de puissance mise au service de la vie. Le nihilisme peut prendre une forme d'anarchisme; comme en Russie à la fin du XIXe siècle, toute espèce de valeur est récusé, et en particulier tout dieu et tout maître.

Pour Heidegger, le nihilisme désigne l’oubli total de la question de l’être et l’avènement d’un monde dominé par la technique.

Amitiés

Guy
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