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synchro4 Invité
 | Sujet: L'AUTRE Jeu 14 Juil à 22:14 | |
| L'Autre
Permettre à l'Autre d'exister au-delà de soi est la seule clé qu'il faut comprendre et intégrer au fond. Si tu comprends cela, le reste suit naturellement. Je m'explique: l'être humain passe son temps à vivre dans une sorte de "symbiose pathologique". Il a besoin d'autrui, il a besoin de l'Autre dans le sens le plus vaste, besoin de l'humanité, de la planète, du monde, etc. Et parce qu'il en a besoin, qu'il est dépendant, il souffre d'une double angoisse paradoxale: perdre l'Autre est terrifiant, mais subir l'Autre l'est tout autant. L'être humain passe donc son temps à tenter de posséder l'Autre (et soi-même fait partie de l'Autre...) pour se rassurer, car posséder l'autre c'est limiter le risque de le perdre ou de le subir. Problème: si on possède l'Autre, on lui ôte sa liberté d'être, ses choix, sa nature essentielle. On nie l'autre en essayant de le garder à soi. Il en va de même de notre idéal, de notre âme... La symbiose humaine n'est au départ pas pathologique, il s'agit de la symbiose naturelle d'un enfant spirituel dont les références sont trop peu formées. Tout comme les enfants restent en symbiose avec leurs parents le temps nécessaire. Par contre, on voit souvent dans l'humanité des dérives d'éducation menant à des symbioses malsaines, s'opposant à l'émancipation des enfants, et menant à des "redéfinitions de la réalité" dans des névroses ou des psychoses. Or, même en psychologie, on considère que la sublimation est le procédé de sortie de la névrose par excellence. Sublimation qui au fond est la faculté de restituer à l'Autre toute sa liberté. Alors, ensuite, le miracle de la Fée Bleue, c'est que si on rend à l'Autre toute sa liberté, sa vérité, il viendra vers nous avec ... une autre réalité qu'auparavant. Et ce ne sera pas simplement parce notre vision aura changé. L'Autre aussi modifiera son rapport à nous. Synchro |
|  | | Guy Grand Inquisiteur

Nombre de messages: 130 Localisation: Sherbrooke Date d'inscription: 20/06/2005
 | Sujet: Re: L'AUTRE Mer 20 Juil à 13:34 | |
| Le Moi, le Soi, le Surmoi et le Non soiSelon mes recherches il semble que le Non soi est une notion provenant ou étant particulièrement utilisée dans la pratique du zen. En psychologie nous trouvons les traces du Moi du Surmoi et du Soi. Récemment, une revue française sur le bouddhisme présentait un article écrit par un adepte français qui mettait l'accent sur la nécessité d'atteindre le Non Soi pour réaliser l'Eveil. Combien de méditants sur Terre peuvent réaliser cela? Avant d'atteindre le Non Soi, il faut déjà atteindre le Soi, ce qui n'est pas une mince affaire. Et encore faut-il prendre conscience de ce qu'est le Soi! Quand on pense que la plupart des occidentaux qui s'intéressent au bouddhisme n'ont pas encore pris conscience de la différence entre le Moi et le Soi, on s'interroge sur l'intérêt de tels propos. Mais comme les occidentaux ont besoin de performances, de sommets à atteindre et de réussites à accomplir, cette "carrotte" supplémentaire leur permet sans doute d'avancer avec plus de conviction dans la voie de la spiritualité. Comme si l'Eveil pouvait leur tomber dessus un jour, entre deux méditations, tel un miracle! Pourtant, un bon nombre d'enseignants et de lamas leur ont dit que la route était longue, semée d'embûches, et que l'Eveil était progressif. Mais bon, on a le droit de rêver... Pour résumer, sans être didactique, le Moi est cette partie de la conscience individuelle qui est centrée sur les désirs personnels, les préoccupations propres, les exigences de l'ego. Tout tourne autour de la satisfaction des sens, des plaisirs, tout tourne autour... du nombril. Le Soi, que l'on peut apparenter à l'âme, est cette instance psychique qui est - pour qui s'intéresse à la psychanalyse - au-dessus du Surmoi, le juge intérieur qui tente d'éduquer un tant soit peu le Moi. Etant situé au-dessus, le Soi contrôle donc l'un et l'autre en permanence, mais parfois, dans la confusion actuelle de notre monde, il perd le contrôle. Et l'homme se sent balloté entre son ego et son juge intérieur comme une barque au milieu de l'océan... De là la nécessité, si l'on souhaite reprendre contact avec son âme, de travailler sur Soi, grâce en particulier à la pratique de la méditation. Alors, avant d'atteindre le Non Soi, qui nécessite d'avoir vaincu ses démons intérieurs, résisté à toutes formes de tentations et accepté la fusion avec l'Esprit, contentons-nous déjà de bien connaître notre Moi, ses pièges et ses exigences, pour le dompter aisément; et de travailler sur Soi afin de répondre le plus souvent possible aux appels de notre âme. Cela demande pas mal de temps, de patience et de courage, comme en témoignent tous ceux qui oeuvrent dans ce sens sur notre planète... Ceci étant dit atteindre le Non soi selon l'entendement bouddhique, est probablement la condition ultime de l'homme en communion avec l'univers ( l'éveil ) cette condition peut très bien être l'unique clef donnant accès à touts les champs d'investigations, mais sans être défaitiste la clef en question ne semble pas être donnée à tous les mortels. | Citation: | | Lorsque l'intellect est réduit au silence, l'intuition produit un état de conscience extraordinaire : on appréhende directement l'environnement sans l'écran de la pensée conceptuelle.-Fritjof Capra |
| Citation: | | L'esprit appaisé du sage est le miroir du ciel et de la terre, le reflet de toutes choses.- Tchouang-tseu |
Une question intéressante en rapport avec ce qui précède; c'est de savoir si toutes les disciplines humaines ( sciences, philosophie, religions, etc. ) se confondent en un espèce de zéro absolu. Selon la thèse de Fritjof Capra dans le Tao de la physique, il faut table rase de notre représentation fragmentaire et mécanisme du monde, l'univers étant un tout cohérent et harmonieux. Selon lui, la spiritualité orientale serait le cadre philosophique le plus avancé pour la physique moderne, un " lieu " dans lequel l'homme peut prendre toute sa dimension.
Dans cette optique, les textes de Vincent Vuillemin peuvent aussi êtres intéressants quoiqu'ils ne donnent pas tout à fait dans la vulgarisation.
Réflexions sur le zen et la physique moderne
Par le Dr. Vincent Vuillemin, moine zen, chef de projet au CERN sur une expérience du nouvel accélérateur de particules
http://fr.zen-deshimaru.com/FR/real-effect/science/zen-physique1.html
Eternité, instant et être-temps: Paradoxe ?
http://fr.zen-deshimaru.com/FR/real-effect/science/eternite.htm
Voir aussi: Etude de l'influence de la méditation sur le cerveau.
Un article de Marie-Christine Petit-Pierre
http://fr.zen-deshimaru.com/FR/real-effect/science/Etudesurlameditation.htm
Amitiés
Guy |
|  | | Guy Grand Inquisiteur

Nombre de messages: 130 Localisation: Sherbrooke Date d'inscription: 20/06/2005
 | Sujet: Re: L'AUTRE Jeu 21 Juil à 1:02 | |
| L'Autre versus le Non-soiL'autre : en philosophie recouvre une pluralité de sens et n'est pas strictement réductible à " autrui ". C'est le contraire du même, du connu, du normal, du prévisible : tout ce qui fait éclater les repères… Tout ce qui dérange les habitudes mentales et force l'étonnement. Cette notion s'apparente plus facilement au nihilisme de Friedrich Nietzsche qui est une attitude d'ouverture intellectuelle plutôt qu'au zen qui est un exercice de transcendance, quoique rien n'empèche l'existence d'un cornet de crème glacé à deux boules chocolat et vanille. Il est assez difficile d'intoduire la notion de Non soi sans faire référence aux philosophies orientales ( boudhisme, hindouisme ) car c'est une notion qui n'apparaît pas vraiment dans la philosophie ou la psychologie occidendale moderne, aussi si tu ne conçois pas " l'autre " ou " le non soi " selon la définition suivante ça n'est pas du " non soi " qu'il est question. Selon la philosophie orientale le " non soi " c'est la substance éternelle de toutes choses, certains diraient Dieu en autant que celui ci soit ententu comme un principe immanent, Ainsi Siddharta Gautama est devenu le Bouddha, qui signifie " éveillé " parce qu' il à transcendé le Moi, le Surmoi, le Soi pour finalement se fondre dans le Non soi autrement dit Dieu ou la substance éternelle. Ceci étant dit la notion de " non soi " ne peut pas être associée à la condition pitoyable de la nature humaine dans un tel contexte le terme " non soi " n'est pas tout à fait approprié. Je peux me tromper, mais considérant la nature de ton message précédent ( l'invention de la réalité ) j'ai vraiment l'impression que tu fait allusion à la philosophie nihiliste de Friedrich Nietzsche qui est plutot une négation de l'existence d'une réalité substancielle ou peut-être aussi de l'impossibilité d'appréhender une telle réalité si elle existe. Friedrich Nietzsche décrit l'accélération de l'Histoire avec les déséquilibres qui s'accentuent entrenus par la tyrannie anonyme des institutions génératrice de stress, forcant la caducité des doctrines, des concept et de tout ce qui peut constituer l'espace mental d'un humain normalement contitué. Pour ce dernier, la notion de nihilisme révèle un paradoxe intéressant car Il décrit deux formes de nihilisme : Un nihilisme des faibles : Un nihiliste est un homme qui juge que le monde tel qu'il est ne devrait pas exister, et que le monde tel qu'il devrait être n'existe pas. Donc vivre (agir, souffrir, vouloir, sentir) n'a pas de sens : ce qu'il y a de pathétique chez ce nihiliste, c'est de savoir que tout est vain, - et ce pathétique est une inconséquence chez le nihiliste faible Un nihilisme des forts : Lorsque les croyances s'effondrent du fait qu'elles sont dépassées. Ce deuxieme type de nihiliste fait sciemment table rase des idéaux et des espoirs et même du sens conventionel de l'existence, il s'agit d'un élagage délibéré de l'esprit destiné à favoriser une vision objective du réel. L'esprit nihiliste se distinque souvent par une sorte d'acuité ironique, Albert Camus était ce genre de nihiliste. Le nihilisme des forts s'incrit dans l'action, le mouvement Punk est un mouvement nihiliste s'inscrivant dans une action contestataire. Selon Nietzsche, il existe, un état normal du nihilisme, qui est la négation de l'être, et qui est une manière divine de penser, en ce sens qu'elle est un rejet définitif de tout idéalisme (du nihilisme au sens faible) et de ses conséquences (la morale entre autres). Ce nihilisme qui est celui des forts, il adresse " l'absurdité " de l'existence avec un certain stoïcisme, et n'en dégage aucune croyance et aucune doctrines car tout entendement est arbitraire et perpétuellement réexaminé puique susceptible d'être faux ou périmé. Enjeux L'absurde est souvent la seule porte de sortie de celui qui refuse la transcendance. C'est ainsi que Camus, dans le Mythe de Sysiphe, reproche à Heidegger d'avoir fait le saut vers la transcendance, l'infini. Ce qu'il voit comme une démission de la raison est souvent la seule chose qui puisse nous sauver du désespoir: L' auteur trouve dans son talent de quoi surmonter cette situation sans issue mais l'homme ordinaire, qui n'est porté par nulle passion qui sort de l'ordinaire, doit pouvoir penser que l'absurde n'est pas le dernier mot de son existence, de là le sens de l'idéal et de l'illusoire. Il est tout à fait possible que ces définitions ne conviennent pas non plus à ta notion de ' l'autre " si tel est le cas j'aimerais que tu m'en dise davantage. Quoiqu'il en soit j'ai l'impression que les deux notions zen ou nihilisme on tout de même un lien de parenté au niveau de l'approche dans le sens ou les deux ont conscience d'une rivière qui suit son cours, le premier flotte comme une feuille adoptant en tout point la cinétique de la rivière, le deuxième étant un être de raison, est une pierre imposant ses restrictions dans cette rivière, ça prend de tout pour faire un monde. Ceci étant dit je comprend qu'il est des personnes pour qui la question se pose davantage en termes de comment vivre avec cette réalité, plutôt que comment accéder à cette réalité, ausi je conseillerais à un nihiliste de chercher à flotter un peu plus. | Citation: | Tout chemin est seulement un chemin, et il n'y a pas d'offence envers soi-même ou les autres à le quitter si le coeur t'en dit... Regarde chaque chemin séparément et délibérément. Essaie-les autant de fois qu'il te parait nécessaire. Puis demande-toi et à toi seul : ce chemin à-t'il un coeur ? S'il en à le chemin est bon ; s'il en à pas, il n'est d'aucune utilité. -Carlos Castaneda
L'herbe du diable et la petite fumée. |
Amitiés
Guy
Dernière édition par le Sam 23 Juil à 0:58, édité 1 fois |
|  | | Guy Grand Inquisiteur

Nombre de messages: 130 Localisation: Sherbrooke Date d'inscription: 20/06/2005
 | Sujet: Re: L'AUTRE Ven 22 Juil à 14:35 | |
| La volonté de puissance
La volonté de puissance est la qualité d'action de la vie et du devenir, leur devenir plus, mais elle n'en est pas le principe au sens classique du terme :
« La vie (...) tend à la sensation d'un maximum de puissance ; elle est essentiellement l'effort vers plus de puissance ; sa réalité la plus profonde, la plus intime, c'est ce vouloir. » Ainsi à l'encontre de certaines doctrines antiques (par exemple, l'épicurisme) du principe de plaisir qui ne parvenaient pas à expliquer la persistance du mal, Nietzsche pense qu' « il n'est pas vrai que l'homme recherche le plaisir et fuie la douleur : on comprend à quel préjugé illustre je romps ici (...). Le plaisir et la douleur sont des conséquences, des phénomènes concomitants ; ce que veut l'homme, ce que veut la moindre parcelle d'un organisme vivant, c'est un accroissement de puissance. Dans l'effort qu'il fait pour le réaliser, le plaisir et la douleur se succèdent ; à cause de cette volonté, il cherche la résistance, il a besoin de quelque chose qui s'oppose à lui... »
Amitiés
Guy |
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